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| | |  |  |  |  |  | Le Piratage : Politique de l'autruche et fausses informations
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Sujet traité le 17/07/2004
Les vendeurs de disques, de vidéos enregistrées (DVD et VHS), de jeux vidéos, de logiciels, etc. se plaignent
ouvertement du problème du piratage, ou de piraterie. La législation avance dans ce sens afin "d'aider" ces producteurs à
mieux s'en sortir. Il apparait clairement qu'aujourd'hui le but est de lutter contre le piratage, sous toutes
ses formes. Je ne suis pas d'accord avec les mesures qui sont en train d'être mise en place parce que je ne suis
pas d'accord avec l'analyse fait sur le problème. Dans cette optique, je vais ici développer des idées qui selon
moi peuvent avoir autant, voire plus, d'impact sur les ventes que le piratage, et essayer de donner d'autres
idées concernant la lutte anti-piratage.
Dans un premier temps, l'industrie du film n'est absolument pas genée par le piratage : en effet, l'arrivée du DVD
à relancer la vente de support pré-enregistrés, et ne s'est pas contenté de remplacer la VHS, mais l'a complètement
supplantée. A mon avis, des leçons peuvent être tirées de ce phénomène, mais nous y reviendrons plus tard. Je vais
donc principalement m'intéresser à l'industrie du disque.
Selon disqueenfrance.com, le nombre de ventes ainsi que le chiffre d'affaire
n'a cessé de baisser depuis au moins 2003. De 2002 à 2003, une diminution des ventes de 15% avait été constatée, sur le
premier trimestre 2003 et le premier trimestre 2004, une nouvelle diminution de 20%. Mis à part la raison du piratage par
Internet, quelle pourraient-être les autres raisons, rarement évoquées :
- la crise financière qui pousse les ménages à moins investir dans leurs loisirs, et donc à réduire leur achat de
musique : raison qui me parait être la plus importante
- la baisse de qualité de nombreux nouveaux artistes dont le matraquage commercial permet d'assurer des ventes sur
du court terme mais plus sur du long terme ("star academy" par exemple). De plus, ce matraquage met en arrière plan
de nombreux artistes plus intéressants mais non sponsorisés
- le nombre d'artistes différents à passer sur les radios est en permanence en baisse : elles n'entretiennent plus la
variété du choix, et réduisent donc les possibilités d'achats
- la guerre des constructeurs sur les nouveaux formats : avec l'arrivée du SACD et du DVD-audio, on préfère attendre
avant d'investir et donc, on n'achete ni le matériel, ni le support
N'étant pas dans les secrets des dieux, cette liste n'est évidemment pas exhaustive, et peut-être que ces points ont
également été pris en compte, mais je n'ai pas le souvenir de les avoir lu ou entendu...
Je pars donc déjà du principe que le piratage peut être une raison. Mais ce que certains entendent comme du piratage
n'est qu'un simple échange de fichier par Internet, la définition du piratage, ou de la piraterie, d'un point de vue légal
m'étant inconnue. Ceci peut avoir un bon nombre de bienfait.
Personnellement, il m'arrivait d'entendre à la radio une musique, ou l'on me parlait d'un interprète, que je ne connaissais pas.
Mon reflexe était d'essayer de trouver via Internet plusieurs chansons du même interprète afin de voir si il
m'intéressait ou non. J'avais ainsi "découvert" l'album de "Vincent Delerm" que je trouvais très sympa, mais
que je n'aurais jamais acheté si je n'avais pas eu la possibilité d'"essayer" cette musique. De même, l'échange de fichiers
permet d'obtenir certaines musique qui ne sont pas sorties en France ou plus disponible. Par exemple, il devient très difficile
de trouver dans notre beau pays les chansons des "Leningrad Cowboys"...
Par conséquent, la diffusion sur Internet peut permettre l'achat de disque que l'on n'aurait pas acheté autrement, et permet
de découvrir des artistes. Cette découverte ne se contente pas d'avoir un impact sur la vente de disque. En effet, un artiste
qui passe en concert, et qui nous est inconnu, peut bénéficier de cet avantage, car très rapidement (donc même la nuit), on
peut trouver les chansons correspondantes et savoir si ca nous tente ou non d'assister au concert... Le résultat peut donc
être très positif.
Malgré tout, je suis bien sur pour limiter le vrai piratage (celui qui est préjudiciable), c'est à dire la diffusion massive
de fichiers (musicaux ou non) ayant une durée de vie illimitée et qui donc ne nécessitent pas que l'utilisateur achete
quoi que ce soit. Mais la lutte est-elle réellement à faire auprès des utilisateurs ?
Quand on regarde les publicités ou les articles, il apparait clairement que les fournisseurs d'accès à Internet utilisent
ces échanges dans leur publicité. Ils se couvrent bien évidemment derrière des outils payants pour ces transferts, mais
cette précision n'est pas toujours si évidente. Au même titre que les FAI, les magazines informatiques ne remplissent pas
vraiment leur rôle dans cette lutte. Dans les derniers magazines que j'ai lu, je suis tombé sur un dossier complet expliquant
comment faire un DivX (avec les détails sur les bons codecs les plus répandus...) et la meilleure façon de
le diffuser (avec les exemples de logiciels !). Ce genre d'article ne devrait, selon moi, pas être présenté ainsi dans un
contexte de soi-disant lutte anti-piratage !
Après la lutte contre les organismes "poussant" au piratage, d'autres exemples de lutte plus "intelligent" apparaissent.
Comme dit au début de ce texte, le DVD a supplanté la VHS. Les raisons sont nombreuses et l'une d'entre elle est l'ajout
de Bonus (chose rare sur les VHS), les autres capacités n'étant pas portables au CD. Je pense donc que si le support était
mieux fait, la vente pourrait être plus importante. D'ailleurs, on voit de plus en plus de CD vendu avec un DVD "bonus". En
dehors de cet aspect, le contenu du livret pourrait être plus travaillé qu'actuellement (on ne retrouve quasiment que les
paroles, parfois quelques photos...). Bien évidemment, la baisse des tarifs seraient également un point positif, malgré le
grand nombre de promotions existantes, ou de périodes de soldes.
Un point également concernant les sites de ventes de fichiers musicaux en ligne me parait important. Ils se sont visiblement
arrangés pour tous faire des prix similaires (ce qui n'est pas complètement autorisés) d'à peu près 1 euro. Donc, afin de
récupérer un album complet, on tourne aux environs de 12 euro, et donc du prix de vente normale. Ce qui signifie que pour le
prix de vente en magasin, vous n'avez que la musique au format numérique sauvegardées sur votre ordinateur, alors qu'achetée dans
le commerce, vous l'avez en CD avec boitier, jaquette, serigraphie... Les prix sont donc particulièrement élevés pour un
service qui débute.
Pour conclure, je pense que priver et culpabiliser le consommateur qui souhaite découvrir certains titres en rendant illégal
le téléchargement de mp3 par Internet, ou ce type de comportement, va à l'encontre de la diversité dans la culture populaire,
et les façons de combattre sont nombreuses sans nous prendre en otage. Messieurs les industriels du disque et du cinéma,
n'oubliez pas que c'est le consommateur qui vous fait vivre, alors donnez-vous les moyens de nous apporter des produits que
nous aurons envie d'acheter plutôt que nous rabacher des produits pour lesquels même le piratage serait trop d'honneur !
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