|
 |
Sujet traité le 12/10/2003
Vu le contexte actuel concernant aussi bien les 35 heures que les grèves, les salaires des patrons que les conditions de travail
des salariés, je me suis vu obligé de prendre ma plume, ou plutôt mon clavier. Je ne travaille que depuis 2 ans (avant j'étais
étudiant !) et l'image que je me fais du travail est différente de celle que j'avais durant mes études. De plus, je me suis aussi
rendu compte que l'idée que je me faisais des travailleurs est bien loin de la réalité.
Ma plus grande peur concernant mon futur emploi était le risque de faire une erreur : je pensais alors que quand on était payé
pour un travail, on devait le faire bien, ne pas faire d'erreur. Aujourd'hui, je me rends compte que les erreurs font partie
du travail, mais surtout qu'une grande partie des travailleurs ne se soucient pas des erreurs qu'ils peuvent commettre. Quand
je parle de travailleurs, j'inclus tout le monde : du haut jusqu'à bas de l'échelle. Il y a évidemment des emplois ou l'impact
et le risque liés à une erreur ne sont pas les mêmes : un médecin qui se trompe peut entraîner la mort d'un patient, un vendeur
qui se trompe et fait pas sa vente. C'est la qu'intervient la conscience professionnelle, et c'est la tout le
problème.
Nous sommes dans une société de consommation prônant les loisirs et la vie de famille. Résultat, le travail est aujourd'hui,
pour beaucoup, uniquement le moyen de gagner de l'argent. Cette vision des choses entraîne une perte de la conscience
professionnelle. Nombreuses sont les personnes que je connais ayant perdu toute motivation. Pour cette perte de motivation,
on accuse le patronat, le climat social général, les lenteurs administratives, la quantité d'impôts... Tout cela est vrai.
Mais on a également le droit de s'auto-motiver. Et sans motivation, il est très dur d'avoir de la conscience professionnelle.
En s'épanouissant dans son travail, on crée un cercle vicieux d'auto-motivation. Aujourd'hui, j'ai un travail qui me plait,
je continue à travailler dur dans le but d'améliorer mes conditions de travail et ainsi avoir un boulot de plus en plus
intéressant, parce que c'est là qu'est ma motivation.
On dit souvent "Tout travail mérite salaire", cet adage est vrai. Mais je dirais aussi que "Tout salaire mérite travail". Ceci
pour dire que, déjà, si chacun faisait le travail pour lequel il est payé, les choses iraient mieux. Oui, je dis bien que
certains font plus de présence que de travail. Par exemple, sans généraliser, les contrôleurs de la SNCF se mettent en grève
et embêtent tout le monde, et quand ils sont présents, fréquemment ils ne contrôlent pas... Je me demande bien en quoi consiste
leur travail s'ils ne contrôlent pas... Il faut dire que leur wagon est agréable !
Aujourd'hui, on fait des grèves pour n'importe quelle raison, du coup, l'impact est beaucoup plus faible. Quand j'entends
parler d'une grève, je ne me dis plus "Pourquoi", mais "Encore". Les messages ne passent donc plus. On se plaint du gouvernement
qui "ne fait rien" pour empêcher les licenciements : c'est faux. Les licenciements abusifs sont punis. Il ne faut pas tout
mettre sur le dos du gouvernement. Oui, ils font des erreurs, comme tous les gouvernements. Mais il ne faut pas oublier
qu'en France, le droit de travail est parmi les plus intéressants au monde, pour les salariés. Contrairement aux Etats-Unis,
on ne peut pas nous virer du jour au lendemain, on a des congés payés, on est au 35 heures (presque tout le monde !). Autant
de choses qui font que les conditions de Travail sont loin d'être mauvaises.
En période de crise comme en ce moment, il est encore plus nécessaire de se serrer les coudes, entre salariés, mais
également avec les patrons. Tout le monde doit faire des efforts, et il ne faut pas toujours attendre les efforts des autres.
On peut ne pas être content de son travail ou de ses conditions de travail, mais dans ce cas, rien ne nous empêche de partir
vivre en Laponie pour élever des lapins... On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Il faut savoir s'investir
et aussi s'auto-motiver.
Il est vrai qu'une usine qui ferme alors qu'elle rapporte de l'argent, que des personnes se retrouvent au chômage sans raison,
n'est pas normal. Je ne dis pas que tout est parfait et qu'il faut tout accepter : il existe comme partout des personnes
sans scrupules et s'ils sont des patrons, cela se voit plus que s'ils sont employés...
Tout cela pour dire que nous avons de la chance en France car on est bien protégés, que le gouvernement et les patrons ne
sont pas responsables de tout, que cela aille bien ou mal et qu'en tant que salarié nous avons une part important dans
l'évolution de notre propre travail...
En s'auto-motivant et en s'entre-motivant, on fait plus de choses qu'en se plaignant !
|
|